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Seule dans la nuit Un jeune homme, trompé et abandonné par sa petite amie depuis quelques jours, se retrouve à boire avec excés dans un bar du centre ville, en cette soirée de la Saint-Valentin. Après avoir acheté un gros bouquet de roses à un marchand ambulant, il erre dans les rues alentour à la recherche de femmes acceptant l'une de ses roses contre un baiser. En arrivant sur une petite place désertée par les passants, il découvre une jeune et jolie jeune fille, assise sur le trottoir, en pleurs et frigorifiée. Cette rencontre inattendue de ces deux cœurs brisés par l'amour, va-t-elle leur permettre de retrouver la joie de vivre, un peu de chaleur et peut-être même plus...


Extrait de la nouvelle "Seule dans la nuit..."

Je demande au barman de me resservir quand la porte du petit bistrot s’ouvre laissant passer l’air frais de l’extérieur. Un homme de type asiatique entre, un gros bouquet de roses dans les bras. Et merde ! Il vient vers moi… Je n’en ai rien à faire de ses fleurs. De toute façon, à qui les offrir ? Je suis tout seul depuis que ma petite amie m’a abandonné il y a déjà une semaine.
— Monsieur, voulez-vous acheter mes roses pour les offrir à votre amoureuse ? me presse le vendeur.
J’ai bien envie de les lui faire bouffer ses fleurs ! Mais comme ce n’est pas mon genre, malgré trois mojitos dans le nez, j’arrive à me contenir.
— Non merci !
— Monsieur, c’est pour offrir un cadeau de Saint-Valentin à ma femme !
Je sors une pièce de deux euros de ma poche et la claque sur le bar.
— Tiens, voilà pour le papier cadeau, garde tes roses et va voir ailleurs si j’y suis !
Il ramasse la pièce et s’éloigne en marmonnant. Le mec m’a saoulé en me rappelant, sans le vouloir, que je suis seul en ce 14 février.
Je vide d’une traite mon verre, manquant de m’étouffer avec un glaçon. Je paie mes consommations et me dirige vers l’entrée, pose la main sur la poignée et m’arrête aussitôt. Je viens d’avoir une idée complètement folle qui va me changer les idées et faire plaisir à d’autres. Je me rapproche de l’homme qui harcèle tous les clients du bar et se fait envoyer promener à chaque fois.
Quand il me voit me diriger vers lui, mettre la main dans ma veste, il se demande ce qui va lui arriver et commence à flipper. Il se calme lorsqu’il se rend compte que je sors mon portefeuille.
— Eh ! mon gars, laisse les clients manger tranquillement. Combien pour l’ensemble de tes roses ?
Il ouvre de grands yeux et, surpris, mets quelques secondes à répondre, pensant que c’est une blague. Je vois bien qu’il réfléchit pour savoir ce qu’il va répondre et finit par dire :
— Euh… vous…
— Oui, tu as bien compris. Alors, combien ?
— C… ce… cent euros ?
Je n’ai pas compté, mais il doit bien avoir trois dizaines de roses dans les bras. Je n’ai pas envie de négocier et sors deux billets de cinquante euros et lui tend. Il pose les fleurs sur la table derrière lui, m’arrache l’argent des mains et s’enfuit vers la sortie. Je me tourne vers la serveuse qui n’a pas bougé, un plateau dans les mains. J’attrape l’une des fleurs emballées dans du papier cristal et lui tend en souriant :
— Une rose contre un bisou, mademoiselle !
Les clients n’en ont pas perdu une miette et observent sa réaction. Elle pose son plateau, attrape la rose, s’approche et me dépose un baiser appuyé sur la joue en souriant.
— Merci… me lance-t-elle avant de se retourner vers la salle.
Ayant parfaitement compris mon intention, elle demande :
— À qui le tour ?
L’une après l’autre, les jeunes filles et les femmes présentes ont droit à une rose et moi un bisou. L’une d’elles va jusqu’à m’attraper les joues et m’embrasser sur la bouche, devant son compagnon, hilare.